Mon parcours maintenance #3 : Marc-Antoine Talva

Formation ingénieur méthodes maintenance en apprentissage : « Faire des études dans le secteur de la maintenance industrielle, dans lequel il sera toujours très facile de trouver du travail, est un choix judicieux. »

Mobility Work met à l’honneur les métiers de la maintenance et ses parcours parfois atypiques.

Pour ce troisième épisode, c’est Marc-Antoine Talva, CEO de Mobility Work, qui nous en dit un peu plus sur sa formation d’ingénieur méthodes maintenance à Centrale Nantes, et notamment sur l’apprentissage et ses opportunités en termes d’insertion professionnelle dans le monde de l’industrie.

Mobility Work : Pouvez-vous présenter de votre parcours scolaire ? Comment en êtes-vous venu à travailler dans le domaine de la maintenance industrielle ?

Marc-Antoine Talva : Après un BAC STI Génie Électrotechnique au Lycée Jean Guéhenno à Fougères (35), j’ai eu mon bac aux rattrapages, pénalisé par les mathématiques et la mécanique. N’ayant suite à cela pas trouvé de formation à intégrer, j’ai fait le choix de redoubler cette même terminale pour me laisser le temps de réfléchir à mon avenir. J’ai ainsi opté pour un BTS Maintenance Industrielle. Pendant ces deux années, j’ai amélioré mes résultats scolaires et repris les bases en physique, mécanique et mathématiques.

J’ai ensuite intégré une classe préparatoire ATS (adaptation technicien supérieur) au Lycée Livet à Nantes, qui correspond à une année de transition pour ceux qui souhaitent intégrer une école d’ingénieur à la suite d’un BTS ou d’un IUT : cette année a été très difficile, que ce soit au niveau des cours, du rythme ou de l’investissement personnel. J’ai finalement été accepté à Centrale Nantes en apprentissage avec l’ITII (Institut des Techniques d'Ingénieur de l'Industrie) Pays de la Loire, en spécialité Mécanique. Durant ces trois années, j’ai ainsi étudié les matériaux, la conception, le management, etc.

J’ai réalisé mon apprentissage à la FMGC (filiale spécialisée dans la fonderie du spécialiste de la transformation de matériaux Farinia Group) au sein du service Méthodes Maintenance. Les missions principales consistaient à mener diverses études de fiabilité et à mettre en place une solution de GMAO. Après mon diplôme, je suis resté dans cette entreprise, avec toujours pour principale mission la mise en place d’un système de gestion de maintenance industrielle. C’est à cette période que l'idée de Mobility Work est née, pour finalement fonder la société avec Morgane Guinot en mai 2016.

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Pourquoi avez-vous opté pour une école d'ingénieur après le BTS Maintenance Industrielle ?

Pendant mon stage de deuxième année de BTS Maintenance Industrielle, je me suis découvert une passion pour les mathématiques et les méthodes maintenance. J’ai également compris qu’il serait plus difficile pour moi d’évoluer dans le monde industriel si j’arrêtais mes études après le BTS Maintenance. Mon tuteur de l’époque m’a alors parlé des classes préparatoires ATS, et j’ai donc décidé de suivre cette remise à niveau plutôt que d’essayer d’entrer directement en école d’ingénieur.

Quels sont selon vous les points forts et les points faibles du diplôme d’ingénieur ?

Le principal point fort de cette formation, c’est la vision qu’elle permet d’apporter. On apprend ainsi à prendre du recul, à s’adapter, à s’autoformer, etc. S’il me manque des informations sur un sujet que je ne maîtrise pas, je sais prendre le temps d’analyser et de comprendre la situation tout en mettant des actions en place pour surmonter cette difficulté.

Le principal point faible serait que le niveau de certains cours reste très éloigné de la réalité industrielle. L’apprentissage permet de contrebalancer cette faiblesse, et de garder le contact avec la réalité terrain. On comprend mieux pourquoi certains ingénieurs à la sortie d’une formation continue tombent de haut sur de nombreux sujets.

Comment expliquez-vous l’absence de plus en plus flagrante des cours de maintenance industrielle dans le programme scolaire ?

La maintenance a toujours été vue comme la cinquième roue du carrosse. Elle n’est pas suffisamment valorisée dans les écoles, ce qui ne permet pas d’attirer les élèves vers ces filières, qui sont pourtant au cœur des entreprises dans lesquelles ils seront amenés à travailler. On sait tous que si la maintenance tousse, c’est toute l’usine qui est malade. Tout cela a des répercussions directes sur les heures de maintenance au programme des écoles d'ingénieur.

Cependant l’arrivée des nouvelles technologies devrait faire évoluer la perception qu’ont les étudiants de la maintenance industrielle, et donc les programmes scolaires.

Pourquoi avez-vous choisi l’apprentissage ?

Tout simplement car j’avais besoin de commencer à me forger une expérience sur le terrain, de façon à pouvoir appréhender de manière plus concrète ce que j’apprenais à l’école.

Quelle est la principale difficulté que vous avez pu rencontrer durant votre parcours scolaire ?

Le rythme très soutenu durant 3 ans, entre les partiels, les mémoires, les cours et le travail en entreprise, qui n’est pas de tout repos. Cependant, cela nous apprend à ingérer une quantité de travail assez importante, qui devient par la suite très utile.

Quelle est la principale difficulté rencontrée quand vous étiez en entreprise ?

L’absence d'agilité et le temps nécessaire à la validation des idées et des projets. C’est la différence entre la théorie et la pratique : il y a entre les deux des hommes avec des cultures différentes. Tout cela mène donc à des prises de décisions qui peuvent ralentir la mise en place d’une idée, d’un projet.

Un dernier conseil pour ceux qui souhaitent opter pour une filière dans la maintenance industrielle ?

L’industrie et la maintenance sont en pleine évolution avec l'arrivée du Big Data et des nouvelles technologies (IIoT, etc.). Le monde de la maintenance est totalement en train de se réinventer, même si il ne faut pas oublier l’essentiel : les hommes, la culture et le management. Faire des études dans le secteur de la maintenance industrielle, dans lequel il sera toujours très facile de trouver du travail, est un choix judicieux.

Merci à M. Talva pour son témoignage. Pour être alertés de notre prochain article dédié aux métiers et formations de la maintenance, suivez-nous sur nos réseaux sociaux ! LinkedIn, Facebook et Twitter