Mon parcours maintenance #6 : l’industrie agroalimentaire

Maintenance: Fiche de poste dans l’industrie agroalimentaire

Mobility Work met à l’honneur les métiers de la maintenance industrielle et ses parcours parfois atypiques. Nous avons consacré ce nouvel épisode à Erwan, qui travaille en tant que technicien de maintenance pour un grand groupe spécialisé dans la restauration et l’alimentation.

Erwan dresse un portrait sans langue de bois de l’enseignement professionnel en France et nous explique qu’il ne se destinait initialement pas à la maintenance industrielle… Avant de s’apercevoir que ce secteur, très prometteur, offrait aux plus motivés des opportunités très variées !

Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

Je m’appelle Erwan et j’occupe depuis maintenant trois ans le poste de technicien de maintenance au sein d’un groupe issu du secteur de l’alimentation.

Pour ce qui est de mon parcours scolaire, j’ai suivi au départ un bac génie mécanique, mais j’ai rapidement compris que cette formation ne correspondait pas à mon profil et à ce que je voulais faire. Une fois mon baccalauréat en poche, sur les conseils de l’un de mes professeurs, je me suis tourné vers un BTS maintenance industrielle, en formation continue.

La maintenance industrielle a été pour moi une réelle découverte, j’ai tout de suite été très intéressé par ce domaine et j’ai compris à quel point il permettait d’être polyvalent. Après mes deux années de BTS, je ne me sentais pas vraiment prêt à entrer dans la vie active, et j’ai donc préféré me tourner vers une licence professionnelle de management des services de maintenance en alternance, que j’ai suivie à St Nazaire et que j’ai obtenue il y a une dizaine d’années. Cette formation proposait des perspectives d’avenir très intéressantes.

Après mes études, j’ai eu la chance de connaître de nombreuses expériences professionnelles, ce qui m’a permis de diversifier davantage mon profil. J’ai réalisé des missions d’intérim, intégré une usine de fabrication de glaces, une autre spécialisée en salaison-charcuterie, avant d’entrer dans mon entreprise actuelle, en tant que technicien de maintenance donc.

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Vous avez au départ choisi le domaine de la maintenance industrielle un peu par défaut, qu'est-ce qui vous a poussé à continuer dans cette voie ?

Je me suis vite rendu compte que les tâches étaient très variées, que les journées de travail ne se ressemblaient jamais. Les équipes doivent sans cesse se creuser la tête pour réfléchir à l’amélioration des machines, pour dépanner les équipements le plus rapidement possible, pour prévenir les failles...

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Nous sommes en fait soumis à un stress positif chaque fois que nous devons procéder à une réparation, ce qui suscite une certaine excitation ! On ressent une forme de tension puisqu’il faut être capable de faire repartir les machines le plus rapidement possible. C’est en fait un secteur d’activité très complet, qui me fait passer un peu par tous les états au cours d’une même journée.

Avez-vous constaté un fossé entre l’apprentissage à l’école et le terrain ensuite ?

Je serais tenté de dire que ce que l’on apprend à l’école est utile mais ne prépare pas toujours très bien au marché du travail, l’enseignement n’est pas suffisamment en phase avec la réalité du terrain. À titre d’exemple, sur une année de licence, pas moins de 56 matières sont étudiées. J’ai évidemment acquis des savoirs et bénéficié d’une ouverture sur le monde professionnel, mais j’émets tout de même quelques réserves à cet égard.

Je considère m’être forgé une expérience tout seul, puisque j’ai eu pour seules fenêtres sur le marché de l’emploi, au cours de mon BTS, deux stages de quelques semaines. Je restais un peu perdu et ne me sentais pas prêt à entrer dans le monde du travail, c’est pour cette raison que j’ai voulu m’orienter vers une licence, en alternance qui plus est. J’ai en fait observé un décalage assez marqué entre la théorie et la pratique, et je considérais que je n’avais pas assez d’expérience.

En parallèle, on entend pourtant souvent que le secteur de la maintenance industrielle peine à embaucher, que les recruteurs déplorent une pénurie de candidats...

Il y a effectivement un besoin très marqué en techniciens de maintenance : je crois que les recruteurs sont par conséquent très à l’écoute et sont prêts à accorder leur confiance à des personnes qui ont peut-être moins d’expérience mais qui ont une bonne mentalité, qui s’accrochent, qui font preuve de logique… Je pense que c’est beaucoup la personnalité qui fait avancer dans ce métier.

Je ne saurais pas tellement expliquer la pénurie de candidats parce que l'industrie ne se porte pas trop mal. Peut-être que les étudiants ne sont pas suffisamment orientés vers ces filières… J’entendais par exemple souvent, lorsque j’étais à l’école, que ce secteur était vieillissant. J’ai préféré me dire que c’était synonyme d’une embauche rapide à la clef ! Une fois une certaine maturité acquise, on s’aperçoit que le secteur de la maintenance industrielle a beaucoup à offrir.

Les filières professionnelles, le travail en usine ou le milieu de la maintenance en général souffrent peut-être aussi d’une image plutôt négative. On ne pousse pas assez les élèves à se tourner vers ces professions.

Que pensez-vous alors de cette image écornée du secteur ?

L’industrie en elle-même est relativement pérenne, j’ai par exemple de la chance avec l’entreprise pour laquelle je travaille, qui investit et se tourne sérieusement vers des formes de maintenance 4.0.

De mon point de vue d’homme de terrain, je pense en réalité que les entreprises doivent comprendre toute l’importance de la maintenance industrielle et investir dans de nouvelles machines, de nouvelles pièces… C’est une stratégie totale, dont les décideurs doivent s’emparer s’ils veulent accélérer les cadences.

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Quel conseil donneriez-vous à ceux qui aimeraient s'orienter vers une filière de maintenance industrielle ?

Je leur dirais qu’il y a de la place ! La maintenance industrielle présente l’avantage de proposer un large éventail de perspectives d’évolution. Le secteur est à la recherche de personnes motivées, prêtes à s’investir et à s’intégrer dans des équipes, et qui pourront par la suite facilement évoluer au sein de l’usine. Si une personne commence par occuper un poste de technicien de maintenance, elle peut parfaitement se rediriger vers la production, par exemple. C’est un milieu ouvert qui ne connaît pas la routine.

Merci à Erwan pour son témoignage ! Pour être alertés de notre prochain article sur les métiers et formations de la maintenance, suivez-nous sur nos réseaux sociaux (LinkedIn, Facebook et Twitter).