Fiche métier n°2 : responsable maintenance

Responsable maintenance : Fiche métier n°2

Vous plonger dans le coeur de l’écosystème maintenance et mettre en lumière ses talents et ses opportunités : c’est la mission que s’est fixée Mobility Work ! Nous lançons une toute nouvelle série « Fiche métier » qui vous propose à chaque fois de découvrir ou redécouvrir un métier de la maintenance : définition, missions, quotidien et témoignage… Pour ce deuxième épisode, Eric François nous présente son expérience jusqu’au poste de responsable maintenance qu’il occupe aujourd’hui chez Peugeot Japy Technologies, filiale de Farinia Group spécialisée dans l’équipement automobile. Nous abordons avec lui les spécificités d’un parc de machines à commande numérique.

Mobility Work : Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Cela fait maintenant 24 ans que je travaille dans l’industrie, mais je n’ai pas toujours occupé un poste en maintenance « pure » pour ainsi dire. Suite à un BTS en maintenance industrielle, j’ai obtenu un emploi en tant que dépanneur. Après cette première expérience, j’ai pu progresser au sein de plusieurs équipes et services de l’entreprise pour laquelle je travaillais alors.

C’est ainsi que j’ai intégré le service des méthodes maintenance, où j’étais chargé de mettre en place des plans et stratégies de maintenance préventive, de la codification des pièces de rechange, etc. J’ai ensuite évolué au poste de coordinateur maintenance et pris la tête d’une équipe de dix personnes.

Par la suite, j’ai rejoint le service méthodes en tant qu’assistant chef de projet aval. À cette époque il y avait d’importantes opérations d’infrastructure dans l’usine où je travaillais : on détruisait des bâtiments pour en reconstruire d’autres, on changeait les lignes de montage, etc.

Après quoi j’ai été affecté au service des travaux neufs, responsable maintenance de l’intégralité de l’infrastructure électrique et haute tension du site. Puis, toujours au sein de l’équipe des travaux neufs, je me suis consacré à la partie infrastructure maçonnerie.

Mon parcours m’a ensuite mené au service méthodes générales, où j’ai pu travailler sur des projets de nouveaux véhicules. Je représentais la direction industrielle au sein de l’équipe de projet. En d’autres termes, je participais à l’industrialisation de nouveaux véhicules, à la mise en oeuvre des opérations nécessaires à la production du nouveau véhicule.

Je me suis ensuite redirigé vers la maintenance industrielle en tant que responsable d’unité de maintenance où je gérais une équipe d’une vingtaine de personnes. Après cela, je suis devenu responsable de groupe. Je m’occupais alors du service usinage, du service peinture, de la maintenance et de l’entretien général du site, ainsi que des travaux neufs.

Il y a deux mois, j’ai opéré un tournant dans ma carrière puisque j’ai rejoint l’entreprise Peugeot Japy Technologies en tant que responsable de maintenance. C’est une belle opportunité car il y a ici un travail de restructuration à fournir.

En quoi consiste le métier de responsable maintenance ?

L’objectif premier du responsable maintenance est de garantir la disponibilité des moyens de production et des infrastructures sur le site, pour répondre aux demandes des clients, tout en respectant les règles de sécurité. Pour cela, son rôle est avant tout de coordonner les équipes de maintenance, mais il peut aussi être amené à intervenir. Concrètement, je supervise l’organisation et la planification des opérations de maintenance industrielle : maintenance préventive, curative et gestion des ressources.

Néanmoins, le cas de Peugeot Japy Technologies est un peu particulier. La production du site est divisée en « centres de profit » : un centre de profit correspond à un atelier destiné à un client. Or, chaque centre de profit gère ses opérations de maintenance industrielle de façon indépendante. En tant que responsable du service de maintenance générale, je m’occupe en premier lieu de l’infrastructure et des méthodes maintenance : la mise en place des opérations de maintenance préventive, la gestion des pièces de rechange, entre autres.

Quelles sont les qualités d’un responsable maintenance ?

Dans le cadre de ma formation scolaire et de mes années d’expérience en maintenance industrielle, j’ai reçu plusieurs formations sur les bases de la communication et du management. L’évolution naturelle de mon parcours m’a mené au poste de responsable de maintenance que j’occupe aujourd’hui chez Peugeot Japy ; pour en arriver là, j’ai dû apprendre au fur et à mesure, « sur le tas ».

Outre ces formations en management et communication, je pense que le responsable maintenance doit faire preuve de certaines aptitudes naturelles. Selon moi, tout responsable maintenance doit être réactif, analyser et gérer les priorités de dépannage, savoir gérer la pression (qu’elle résulte d’une panne en atelier ou autre) mais également les effectifs et la formation du personnel.

Quelles sont les particularités d’un parc de machines à commande numérique ?

De plus en plus d’industries s’engagent dans une transition vers l’Industrie 4.0. Les machines à commande numérique permettent d’assurer la continuité numérique tout au long de la chaîne de production, et répondent ainsi à la volonté des entreprises de moderniser leur parc de production industrielle.

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En d’autres termes, la commande numérique permet d’automatiser le fonctionnement d’une machine au sein de la chaîne de production. Elle est composée d’un ou plusieurs microprocesseurs permettant aux techniciens de programmer la machine : axes de l’outil, de la table, systèmes de changement d’outillage, alimentation, déchargement des pièces, etc. Maîtriser ainsi les diverses fonctionnalités de la machine nous permet d’adapter la production aux besoins du client.

Les machines à commande numérique présentent plusieurs avantages pour les entreprises, en matière d’usinage d’abord : elles facilitent la fabrication de formes complexes, difficilement réalisables avec les commandes manuelles traditionnelles, et offrent, en outre, une certaine flexibilité de production et une plus grande précision d’usinage. Ensuite, en termes de maintenance industrielle, les commandes numériques permettent aux opérateurs de gagner en efficacité et de gérer plusieurs machines à la fois (grâce à l’automatisation d’une unité de production). Les commandes numériques disposent par ailleurs le plus souvent d’un affichage numérique grâce auquel les techniciens de maintenance peuvent facilement analyser l’état de la machine et suivre les diagnostics ainsi que les opérations de maintenance.

Néanmoins, il est essentiel de former ses équipes de maintenance afin qu’elles sachent s’adapter aux nouvelles technologies et aux commandes numériques, afin qu’ils en maîtrisent les spécificités et les automatismes.

Quels défis les machines à commande numérique représentent-elles pour le responsable maintenance ?

Le parc de machines à commande numérique de Peugeot Japy Technologies est conséquent. Nous possédons surtout des moyens d'usinage : des tours, des brocheuses, puis des machines de trempe, des galeteuses, des cambreuses… Les équipements sont assez diversifiés en fonction des tâches à réaliser.

Au sein de la maintenance générale, nous n’intervenons pas au quotidien sur ces machines. Nous avons, dans l’équipe, des experts dont le rôle est d’aider les gens de l’atelier s’ils rencontrent des difficultés lors des opérations de maintenance. Les centres de profit, que nous évoquions plus tôt, gèrent les pannes et les interventions de maintenance avec leurs équipes respectives.

Nous travaillons actuellement avec des prestataires qui nous aident à l’exécution des plans de maintenance préventive et à la réalisation des objectifs de production du site. Au cours du processus de production, l’opérateur contrôle la fabrication des pièces, le bon fonctionnement de la machine, effectue les réglages nécessaires pour corriger d’éventuels défauts et intervient manuellement sur la machine si besoin.

L’opérateur doit donc savoir lire et interpréter des plans, connaître les matériaux utilisés et leur transformation à la coupe, maîtriser les outils de contrôle, avoir des notions en programmation informatique (d’où le besoin croissant de formation), respecter les normes de productivité et de qualité.

Quel usage des outils de GMAO (gestion de maintenance assistée par ordinateur) faites-vous au quotidien ?

La personne chargée du déploiement de la GMAO Mobility Work sur notre site fait partie de mon équipe. De mon côté, je participe pour l’instant à des réunions organisées dans les ateliers, au cours desquelles je demande aux équipes de production de créer les tâches dans l’outil de GMAO Mobility Work.

Lors de mes précédentes expériences, j’utilisais déjà un outil de GMAO. L'adaptation à la GMAO nouvelle génération Mobility Work se passe bien. Je trouve que c'est un outil assez intéressant. J’apprécie particulièrement l’aspect visuel de cette GMAO ; le fait de pouvoir consulter des photos, des illustrations des équipements est très pratique lorsque l’on est nouveau sur un site. Il en va de même pour le téléchargement de documents depuis Mobility Work. C’est quelque chose que je n’avais pas avant. C’est un vrai plus de pouvoir télécharger un schéma électrique ou des plans, par exemple, au pied de la machine.

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Pour en tirer le meilleur, cependant, il est nécessaire que chacun en fasse bon usage. Il faut que les équipes en production créent une tâche pour signaler les pannes, afin que le technicien de maintenance puisse créer son activité et reporter son intervention via la GMAO. Ceci nous permet ensuite de suivre l’évolution des pannes grâce au tableau de bord, d’analyser les têtes de Pareto (c’est-à-dire les premières causes d’incidents) et de travailler sur les machines qui présentent le plus de problèmes.

Nous essayons actuellement d’optimiser l’utilisation de la GMAO Mobility Work et de mettre en place un nouveau processus pour lier toutes les pièces de rechange en stock à la machine. C’est un travail de longue haleine. Pour l’instant, on travaille à rentrer la documentation associée à la machine, mais pour aller plus loin il faudrait que l’on ajoute toutes les pièces de rechange disponibles sur la machine. Ainsi les techniciens de maintenance en train de la dépanner y auraient directement accès, grâce au code article du magasin, et pourraient même faire des approvisionnements directement avec la GMAO Mobility Work.

Face à l’essor des nouvelles technologies, pensez-vous que les métiers de la maintenance industrielle vont être amenés à évoluer au cours des prochaines années ?

Je pense, oui, notamment avec l’industrie du futur. On voit des choses se profiler petit à petit. Dans mon entreprise précédente, les nouvelles technologies n’étaient pas aussi présentes qu’ici, chez Peugeot Japy Technologies, qui a la volonté de mettre en réseau les équipements. À mon avis, cela peut mener à une évolution assez intéressante.

Notre métier aussi va changer, et vivre une évolution vers des compétences complémentaires. Je pense chacun devra maîtriser les différents automatismes, que les équipes de maintenance devront avoir une bonne connaissance des réseaux, ce qui n’était pas de leur ressort auparavant, il me semble.

Que conseilleriez-vous aux jeunes qui souhaitent s’engager dans cette voie ?

Je leur conseillerais de prendre le temps de s'y intéresser sur le plan personnel, de faire preuve de curiosité et suivre différents sujets.

Il y a beaucoup à apprendre dans le domaine de la maintenance industrielle, il existe des technologies totalement différentes pour ceux qui veulent apprendre. Concrètement, sur le terrain, lorsque l’on intervient sur une panne, il faut prendre le temps de l’analyser, d’étudier et de connaître le moyen de production. Je trouve que c'est enrichissant.

Enfin, je leur conseillerais aussi de s'intéresser beaucoup aux nouvelles technologies qui représentent l’avenir de notre industrie.

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Merci à M. François, responsable maintenance pour son témoignage. Pour être alertés de notre prochain article dédié aux métiers et formations de la maintenance, suivez-nous sur nos réseaux sociaux ! LinkedIn, Facebook et Twitter